Si vous voulez savoir à quoi ressemble mon petit coin de paradis marocain, alors, il n’y a aucun doute, il faut vite ouvrir ce message…. Il y aura tout juste 15 ans cet été que nous avons découvert les gorges du Dadès. Et depuis, dès que nous le pouvons, nous nous y rendons ne serait-ce que quelques heures. Cette année donc, pas question de déroger à la règle.

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La route qui nous ramène de Rissani à Ouarzazate passe à Boumalne. A l’entrée de ce gros bourg sans grand intérêt une petite route, à présent bitumée, bifurque sur la droite. C’est la route de la vallée des gorges du Dadès. Dès les premiers kilomètres les paysages sont à couper le souffle. Comment ne pas tomber sous le charme ? Pas besoin de grands discours pour vous convaincre, juste des yeux pour regarder. Et encore, soyez certains qu'aucune photo ne peut refléter la beauté de cet endroit.

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Les gorges du Dadès… C’est là que vivent nos plus anciens amis marocains. Il y a Fouad, instituteur-aubergiste, fidèle au poste dans sa belle casbah plantée au bord de l’Oued. C’est là que nous avons débarqué un beau jour d’aout 1998. C’est là que nous avons passé des moments inoubliables. C’est souvent là que nous dormons quand nous sommes de passage dans la vallée.  

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Mais surtout il y a Mohamed et sa petite famille. « Moha berbère de la montagne ».  C’est le surnom que nous lui donnions quand il nous accompagnait en randonnée. Que dire de lui si ce n’est que c’est « juste quelqu'un de bien ». Durant ces 15 années d’amitié, nous avons appris à connaître toute la famille. Et quand nous sommes chez Mohamed, nous sommes un peu chez nous. Tudda, la douce et timide épouse de notre ami nous accueille avec toujours la même discrétion et la même gentillesse. Elle dit désormais quelques mots de français mais cela reste difficile de communiquer avec elle autrement que par des sourires et les mains. Ce n’est pas grave, le cœur y est et c’est bien là l’essentiel. Les garçons quant à eux ont encore grandi et sont devenus de sacrés fripons.

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Malheureusement, nous ne verrons pas Aïcha, ni Said son mari, ni ses enfants. Depuis que nous la connaissons, Aïcha n’a de cesse de faire tout ce qui est en son possible pour que ses enfants puissent réaliser le rêve qui n’a pas pu être le sien : faire des études. Alors, maintenant que les plus grands ont le baccalauréat, elle est partie à Agadir pour qu'ils puissent aller à l’université.

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Nous ne verrons pas non plus Maâlou, la grand-mère, partie rendre visite à sa fille et ses sœurs. Ce sera pour une autre fois, Inch Allah.

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Continuons un peu notre promenade… Passés les villages où vivent nos amis, la route s’élève pour dominer les gorges proprement dites. Des paysages lunaires et vertigineux se succèdent avec toujours en contrebas le ruban vert des jardins arrosés par l’oued Dadès. 1001 petites parcelles de terres dont les couleurs changent au rythme des saisons.

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Et dans ce décor de rêve, depuis ce qui doit être la nuit des temps, que  ce soit l’hiver ou l’été, le ballet des femmes revenant des jardins, reste immuable. Cela me fait toujours enrager de voir les hommes les regarder passer, le dos courbé par d’énormes ballots d’herbe ou de bois. Et j’aurai beau me révolter intérieurement, je n’y pourrai rien changer. Les choses évolueront car le monde bouge. Un jour, certainement …. Alors qu'il arrive le plus vite possible.

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Passées les gorges, le village de M’emsrir semble surgir de nulle part. Il y a peu, la route s’arrêtait là. Désormais, elle poursuit son chemin vers d’autres douars de plus en plus isolés que nous nous promettons de découvrir lors de notre prochain séjour. Pour l’heure nous devons faire demi-tour car d’autres amis nous attendent dans une autre vallée au nom enchanteur et tout aussi belle : la vallée des roses.